Factory Records


À l’heure où l’industrie du disque souffre (surtout celle du CD), cet ouvrage qui célèbre le mythique label britannique que fut Factory Records , revient sur les années 1978-1992 et la réussite de cette institution qui plaçait le graphisme de qualité comme dialogue primordial entre les artistes, le label et les acheteurs.



C’est à Tony Wilson , co-fondateur du label, que l’on doit la préface, qui resitue les débuts de cette institution qui avec 4AD, Blue Note fait toujours partie des labels les plus avant-gardistes pour la plupart des graphistes proches de l’univers du disque. Il revient sur l’année zéro de The Factory, en 1978, dans cette Angleterre qui découvre le terme de Design Britannique. Il évoque aussi sa rencontre avec Peter Saville , alors un jeune graphiste indépendant et décrit l’aventure de The Factory comme un collectif plutôt que la création d’une structure (plutôt instable, sans contrats), dans l’esprit du « Do It Yourself » des années punk, propageant une forme de communication entre les artistes, le label et les acheteurs.

Fact 1 / "The Factory Club N°1" Affiche
P.Saville 1978
Fact 2 / Artistes divers "A Factory Sample"
P.Saville 1978


Vient ensuite l’ouvrage en lui-même, qui se veut aussi didactique. L’auteur, Matthew Robertson est un collectionneur de disques de Factory, graphiste australien en Grande-Bretagne et également enseignant. Il signe ainsi la première rétrospective quasi complète de l’histoire de Factory qui met en scène progressivement et chronologiquement, les créations, pochettes de disque, projets spéciaux d’édition, les flyers, les affiches de concert et même la papeterie et des projets architecturaux dont la célèbre Hacienda.

Le night-club l'Hacienda
1982


Une occasion formidable de constater ce qui a fait une partie de son succès : une véritable identité visuelle avec une approche de marque plutôt que de société, une innovation permanente, une attention portée à l’esthétisme et la typographie, des pochettes, plus chères, luxueuses et surtout plus belles que celles des multinationales contre lesquelles ils se battaient à l’époque.

Fact 50/ New Order "Movement"
P.Saville & Grafica Industria 1981
Fact 53 / New Order "Procession"
P.Saville 1981
Fact 10 / Joy Division "Unknown Pleasures"
P.Saville 1979


The Factory et ses graphistes (Neville Brody, mais aussi Martyn Atkins , Mark Farrow , Trevor Johnsons ou encore 8vo ) a célébré le contre courant du post-punk, le minimalisme, le retour à la source du degrés zéro du design, loin de la production de masse.

Fact 293 / EnglandNewOrder "World in Motion"
P.Saville/PSA 1990
Fact 164 / The Durutti Column "Valuable Passages"
8vo 1986
Fact 93 / Order "Confusion"
P.Saville / PSA 1983
Fact 73 / New Order "Blue Monday"
P.Saville & B.Wickens 1979
Détail du Fact 8 /
New Order "1981-1982"
P.Saville et M. Ladly 1982


Chaque création est longuement légendée (les crédits sont au complet) mais surtout accompagnée du regard personnel de l’auteur, d’anecdotes sur l’histoire du projet. C’est aussi ce qui en fait sa qualité.



Titre : Factory Records, une anthologie graphique
Auteur : Mathew Robertson
Préface : Tony Wilson
Éditeur : Thames & Hudson
Format : 26 X 30 cm
224 pages
Dos carré relié
En Français
400 illustrations en couleurs
Prix : environ 90 euros



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