Gianluigi Toccafondo




Illustrateur, peintre, graphiste et réalisateur italien né à San Marino en 1965 Gianluigi Toccafondo fait partie du petit groupe de réalisateurs italiens contemporains du cinéma d'animation. Il a signé quelques chefs-d'œuvres depuis les années 90 avec une technique toute traditionnelle, celle de l'image par image, qu'il maîtrise parfaitement.



Après des études a l'Institut des Beaux Arts d'Urbino où il découvre le dessin, Gianluigi ToccafondoGianluigi Toccafondo se tourne vers le court-métrage, qui l'a fait connaître et reconnaître. Ses films, très narratifs, racontent des histoires de la vie de tous les jours. Multiforme, multi-techniques, multi-supports, Toccafondo pense en mouvement. Il est omniprésent dans ses peintures : ses personnages s'étirent, se diluent dans une flaque d'huile, se fondent dans le décors. Les grands aplats qui composent les fonds sont également en mouvement.



En utilisant principalement la photocopie, il les fait renaître, transforment ses images avec plusieurs couches de peintures, les fait ressurgir au sein d'un plan quelque temps oublié. Il triture et retravaille aussi ses personnages à partir de photographies et de vidéos.







Marqué par Buster Keaton (qu'il met souvent en scène) ou Pasolini , il manie de collage et la superposition d'image, les couleurs et le rythme qui font de ses œuvres, de véritables hommages au cinéma.



Les plus connus sont "La Pista" (1992) qui met en mouvement l'équilibre instable du Tango sur une piste de danse où les animaux prennent vie, "Le Criminelle" (1993) ou un homme est attaqué par sa propre ombre, ou encore "La Piste du Cochon" (1992), dans lequel il détaille les rituels de l'existence d'un cochon, et bien sur, "Pinocchio" , réalisé en 1999, un petit chef d'œuvre dans lequel l'artiste donne sa vision du personnage.








L'un de ses derniers nés, "La petite Russie" est, comme souvent, un regard sur la société, sans accusation, plutôt une constatation. Dans ce film, un homme mélange tragiquement la réalité et ses rêves, qui remontent à l'enfance, dans lequel il invente des personnages qu'il fait naître dans son esprit. Le problème, c'est qu'il les confond avec la situation réelle. La fin est tragique, tout comme l'histoire, inspirée de faits réels dans une région, "La petite Russie" qui existe vraiment dans le centre de l'Italie.



Dernièrement il a aussi réalisé des films publicitaires avec plusieurs réalisateurs dont Ridley Scott ) pour lequel il signe le générique de "Scott Free" en 1998 (Acme Filmworks), une publicité pour texte Levi's Jeans pour femme en 1993 (Acme) ou avec Kaoru Kasai , avec qui il a gagné le grand prix de l'ADC en 1999.


Il a bénéficié de plusieurs expositions internationales et ses films ont souvent été primés (London International Award, 1er prix à l'Urobest (catégorie Animation), au festival italien Spotitalia et même fait l'ouverture du Festival de Venise en 1999 avec la séquence pour un long métrage ( "Le Monde à l'envers" ).

Il vit et travaille aujourd'hui à Milan.

Après une carte blanche au Forum des Images en mars dernier (à partir du film de Rossini en 1964, "La Pie Voleuse", il est aujourd'hui exposé, jusqu'au 8 avril 2005 à Paris, à la Galerie sur Cour (12 rue Popincourt, 75011 Paris), présente les œuvres qui ont permis de réaliser "La petite Russie".

Par ailleurs, un ouvrage vient d'être édité par Vertige Graphic. Composé de reproductions picturales, il détaille le mouvement des films du réalisateur, à travers des séries de petites vignettes, présente des cellulos en pleine page. Le format est "à l'italienne", comme un cellulo, le support du film d'animation peint.



Titre : A partire dalla coda
Auteur : Gianluigi Toccafondo
Editeur : Vertige Graphic
Format : 24 x 17 cm
144 pages
Illustrations en couleurs :
Environ 15 euros