Michal Batory

Michal Batory entretient une véritable complicité avec son public. Les passants et la plupart des graphistes, connaissent ses images. Les réactions sont souvent spontanées, intuitives, brutes, et positives. Cette confrontation aux signes dans la rue, Michal Batory l'a déjà connue, à Lodz sa ville natale, en Pologne. C'est dans "cette galerie en plein air" que jeune, il découvre les productions de ceux qui allaient devenir ses maîtres, Tomaszewski, Cieslewicz ou Lenica. Des images dans la plus pure tradition de l'École Polonaise.
L'étudiant qu'il est goûte à la diversité des styles, surréalistes, oniriques ou expressionnistes, digère les codes et développe un regard, confronté aux lithographies sur les murs des villes : l'idée soutient l'image et le jeu de la métaphore est omniprésent. Aujourd'hui, on retrouve ces influences dans ses affiches pour le Palais de Chaillot à Paris ou l' Arsenal de Metz qui lui ont confié leurs communications visuelles.

Né en 1959, Michal Batory entre au Lycée d'art de Lodz (Pologne) à 15 ans, découvre la peinture, la composition, le dessin, la sculpture, la photographie, et commence à voyager : les Pays-Bas, l'Allemagne ainsi que la France où il choisit de s'installer, en 1987. Il débute en 1994 une collaboration avec le Théâtre National de la Colline , son premier commanditaire d'envergure en tant qu'indépendant.

Il y est désormais éternellement associé par tous les passants qui découvrent ses affiches trois années de suite. Les Parisiens n'échappent plus à ses images d'une force visuelle extraordinaire. Quand elles ne sont pas dans le métro, c'est sur les Colonnes Morris qu'elles titillent la rétine des promeneurs.

Attrape l'œil, elles sont destinées aux passagers des quais de métro, jouant leur rôle de "cartes de visite", invitant le passant à un moment de calme durant lequel il peut réfléchir, se poser des questions.

Tout est question de langage et Michal Batory a su, au fil des années et des commandes, trouver le sien, sa grammaire visuelle, son écriture, une approche, plutôt qu'un style, même si ses images sont reconnaissables entre toutes. C'est la même approche lorsqu'en 1996, il conçoit la communication de l' Ircam / Ensemble Intercontemporain.

Le dialogue, d'une merveilleuse simplicité, repose une fois de plus sur la métaphore en ayant toujours recours à l'illustration, à la photo, au collage, ou encore
à la peinture. Pour créer la vingtaine d'affiches par an des différents théâtres avec lesquels il collabore (l'Arsenal de Metz, le Théâtre National de Chaillot, et le Teatr Polski de Poznan en Pologne), sans compter la multitude de catalogues, brochures, cartons d'invitations qui en découlent, il s'applique à trouver le signe qui lui permettra d'illustrer sa première idée.






De manière quasi systématique, c'est avec un rien - des épluchures, un sac plastique plié, une baguette de pain, un cornet de frites ou des pétales de roses - qu'il fait naître ses émotions : "Je fais rarement plus de 500 mètres pour concevoir mes images". La quincaillerie, le bistrot du coin ou l'épicier sont ses "fournisseurs". Il n'hésite pas à leur offrir des affiches ou à les faire poser afin de présenter l'œuvre dans son contexte. Comme pour mieux se rapprocher de ses lecteurs, de la ville et de ses habitants, en leur offrant de voir des amoureux dans une tranche de champignons, ou le corps d'une femme dans une taie d'oreiller. Le goût du collage, du détournement de la matière naturelle, des montages ludiques, toujours très précis, constituent "l'approche Batory", quel que soit le traité ou le sujet.


Ces signes qui naissent dans son imaginaire, Michal Batory les produit chaque jour, cherchant à lutter contre le discours visuel unique. "Je me plonge quotidiennement dans un état de solitude, dans un monde imaginaire qui m'est propre, un peu comme les enfants. Je suis seul et les pages blanches de mes carnets se remplissent. C'est presque une hygiène de vie" . Pourtant il créé en ayant la volonté de partager avec les passants ses images "quasi-mentales" qui naissent sous ses yeux.

Éphémères, constituées de pétales de rose, de cire de bougie ou de gouttes d'eau, ses images n'existeraient pas si elles n'étaient utilisées pour concevoir ses affiches. Elles restent imprimées sur la rétine et dans la mémoire de ceux qui les croisent une fois et décident de les regarder en prenant le temps.

Cette exposition, la première individuelle de Michal Batory depuis ses débuts, est dédiée à une partie de sa production. Elle est accompagnée de la première monographie de Michal Batory “Michal Batory : affiches et autres œuvres graphiques” (224 pages en couleurs, 600 images environ) éditée par Serge Malik i-d publishing.
Exposition jusqu' au 30 décembre 2004
Galerie Anatome, Un espace graphique à Paris
38, rue Sedaine
F 75011 Paris
Tel : + 33 1 48 06 98 81
Fax : + 33 1 58 30 71 03
mail : galerie@anatome.fr
site : http://www.galerie-anatome.com
