Psyché : off the wall
Steve Renick 1966
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La bulle psyché
Une plongée onirique dans le San Francisco des années 60 : c'est ce que propose le Musée de La Publicité à travers l'exposition "Psyché / Off the Wall" , inédite en France. Un parcours déambulatoire à travers ce grand appartement au cœur du Louvre qui, contrairement à d'autres expositions, convient parfaitement au sujet. La raison : les texte 200 affiches présentées, sur les 462 que compte le musée, sont de petits formats (environ 50 cm de large).
Joe Gomez 1967
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Préférez les "good vibrations" à la prise de trip pour suivre Amélie Gastaut , la commissaire de l'exposition, qui nous emène dans le Haight-Ashbury en 1966, le quartier noir du Fillmore District de San-Francisco ou "Frisco". Ces quartiers ouvriers ou communautaires virent en quelques années, la communauté hippie (70 000 personnes) s'installer avec ses modes, sa philosophie et ses grands rassemblements musicaux autour du rock psychédélique (et plus tard, du Pop, du Rock acide, du Folk et de la Soul), symbole de la contre-culture.
Bonnie MacLean 1966
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De ce mouvement sont nées environ 600 affiches qui assuraient la promotion des temples du rock psyché, le Fillmore Auditorium dès 1965, l' Avalon Ballroom à partir de 1966, le Fillmore West en 1968 ou encore le Matrix ou le Winterland. Les artistes s'appellent Grateful Dead, The Charlatans, Quicksilver Messenger Service, Janis Joplin, Santana ou encore Jimmy Hendrix. Leurs auteurs, une douzaine au plus, ont produit 600 affichettes sur trois ans. Elles sont signées des Big Five ( Wes Wilson, Victor Moscoso, Rick Griffin, et Stanley Miller, dit Stanley Mouse, et Alton Kelley , qui travaillaient tous deux ensemble au sein du Mouse Studios). mais aussi de Bonnie MacLean (qui succéda à Wes Wilson), Randy Tuten et Lee Conklin .
Wes Wilson 1967
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Wes Wilson 1967
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Wes Wilson 1967
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Wes Wilson 1966
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Wes Wilson 1966
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Ces affiches, à la limite de la lisibilité, aux couleurs saturées et aux distorsions planantes, annonçaient les concerts des groupes mais contribuaient aussi à rassembler les idéaux de la contre-culture autour d'un langage visuel commun. La communion était visuelle, philosophique et psychique : contre les valeurs établies, la position de Nixon face au Vietnam, contre le nucléaire… Au contraire, cette jeunesse, qui doutait du monde des adultes, préférait ouvrir les "Portes de la Perception", rejoindre L'Eden des paradis artificiels, se convertir au Boudhisme et communiquer leurs "Good vibrations", leur désir sexuel généré par les drogues, indissociables des rythmiques répétitives. Ces "Beautiful People" venus de l'Est en quête du Lapin Blanc de Lewis Carroll évoqué par Jefferson Airplane, se sont rassemblés dans ce quartier bigarré, dans les Head Shops, pour vivre ce Summer of Love de 1967.
Lee Conklin 1968
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La communion était aussi visuelle, à travers un support commun dans laquelle la lettre dessinée devient courbe et contre-courbes, évoquant les Light Shows, compléments des concerts. Elle reflète le son, se transforme en bulles, étirant le temps. Les artistes de l'époque renversèrent les règles établies, recherchant un contraste optique maximum. L'influence de l' Art Nouveau avec les détournements d'affiches de Mucha, l'opulence des motifs floraux de l' Art & Craft , ou plus tard de l' Op Art sont omniprésente, tout comme les couleurs flashies, les symboles (Peace and Love, l'œil, les plumes de paon, les tatouages, la présence de l'arc-en-ciel ou encore la figure de l'Indien, synonyme de culture authentique et proche de la nature) en sont ses principales caractéristiques.
Bonnie MacLean 1967
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Bonnie MacLean 1967
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Emblèmes d'un mouvement à part entière, elles sont les incarnations des rêves naïfs d'une jeunesse alors même que la photographie envahit la publicité américaine à la fin des années 60. Plus que leur intérêt visuel évident, elles remettent également en cause le point de vue unique (la combinaison de couleurs générait une autre appréhension de l'affiche par chacun, sous influence de la drogue ou non).



L'exposition, possible grâce à Alex Janes (un étudiant qui habitait à quelques rues du quartier dans un appartement de Bill Graham, qui en fit don au musée en 1972), rend aussi hommage à Bill Graham et Family Dog (les deux principaux producteurs), aux artistes et à leur imprimeur, Levon Mosgofian.
Prenez votre temps, scrutez les détails, ces affiches d'un monde planant, conçues pour être éphémères, mais cachant une multitude de détails et d'effets optiques sont à explorer dans les moindres détails : rappelons que "Psyché" vient du Grec "psukhê" (âme) et "dêlos" (visible).
En fin de parcours, en écho à cette production, le Musée expose le travail de la jeune génération actuelle, marquée par le revival sixties/seventies, cette fois présentées sur écran d'ordinateurs. Présenté dans ce groupe, Laurent Fétis signe le catalogue de l'exposition (paru chez Thames & Hudson )

Exposition
Psyché, Off the wall
Affiches de San-Francisco 1966-1969
Jusqu'au 27 mars 2005
Musée de la Publicité
107, rue de Rivoli
75001 Paris
http://www.lesartsdecoratifs.fr
Catalogue
Psyché / Off the Wall
Affiches de San Francisco 1966-1969
Éditeurs : Thames & Hudson
Auteurs : Textes de Jean-Pierre Criqui, Jean-Marie Bel et Amélie Gastaut
Format : 27 x 18,5 cm
144 pages
Dos carré, collé
100 illustrations en couleurs
Prix : environ 25 euros
http://www.thameshudson.fr